L’organisation régimentaire

L’effectif et l’organisation d’un régiment d’infanterie de ligne ont beaucoup varié au cours des siècles. De quelques centaines à plusieurs milliers de combattants forment ces régiments, qui portent le plus souvent le nom de leur colonel (ou mestre de camp).

 petitsoldats

 

L’Ancien Régime

A la veille de la Révolution française l’organisation est la suivante :

- Chaque régiment d’infanterie de ligne est composé de deux bataillons soit près de 2 350 hommes.

- Chaque bataillon est composé de dix compagnies : huit sont des fusiliers (au centre de la ligne de la ligne de bataille), une est de grenadiers (à droite) et une de chasseurs (à gauche).

Un bataillon compte, sur le pied de guerre, 1 174 hommes de troupe et officiers.

- Chaque compagnie de fusiliers compte 120 hommes (officiers compris).

Celle de grenadiers est à 110 hommes et celle de chasseurs est à 104 hommes. Ils sont répartis en deux pelotons.

- Deux pelotons composent une compagnie (avec des effectifs variant de 50 à 60 hommes).

- Chaque peloton est composé de deux sections (avec des effectifs variant de 25 à 30 hommes).

Cette organisation et les effectifs sont théoriques et dans les faits les variations peuvent être importantes.

Les recrutements sont parfois insuffisants et les absences nombreuses (maladies, désertions, affectations éloignées du régiment…).

La Révolution

Les désordres amenés par la Révolution et le besoin de rompre avec ce qui est désormais l’Ancien Régime poussent l’Assemblée constituante à revoir l’organisation de l’infanterie française.

Le décret est daté du 01 Janvier 1791.

Les régiments perdent leur nom et prennent un numéro d’ordre par date de création.

Par exemple, le régiment Maréchal de Turenne obtient le numéro 37 (puis devient 37ème demi-brigade en 1796 avant de redevenir 37ème régiment d’infanterie de ligne en 1803 et enfin légion de la Sarthe en 1815…).

Les régiments restent constitués de deux bataillons, mais ceux-ci passent à neuf compagnies dont huit de fusiliers et une de grenadiers.

Les chasseurs du 2ème bataillon sont transformés en grenadiers.

L’effectif de chaque bataillon diminue donc et passe à environ 1 070 hommes de troupe et officiers.

Le Consulat et l’Empire

Dès son arrivée au pouvoir (après le coup d’état du 18 Brumaire de l’an VIII – 1799) Napoléon Bonaparte commence à réorganiser l’armée française. Il améliore le ravitaillement (qui fera malgré tout toujours défaut), l’équipement (par la remise en route de l’économie) et l’habillement.

En avril 1803, les régiments passent à trois bataillons puis à quatre le 18 Mai 1804.

Le 19 septembre 1805, l’Empereur crée les compagnies de voltigeurs à raison d’une par bataillon.

L’effectif est de 123 hommes (soldats et sous-officiers) et 3 officiers.

Enfin en 1808, une nouvelle réforme est appliquée. Les régiments sont portés à quatre bataillons de guerre et un de dépôt.

Le bataillon de guerre sera formé de quatre compagnies de fusiliers, d’une de grenadiers et d’une de voltigeurs.

Chaque compagnie comptant 140 hommes dont 3 officiers, le bataillon aura un effectif théorique (et donc rarement atteint…) de 840 hommes et le régiment de 3 920 hommes. Le bataillon de dépôt ne comprendra que les quatre compagnies de fusiliers. Il servait à l’instruction des recrues et à combler les pertes des bataillons de guerre.

Et après…

Le retour des Bourbons sur le trône voit les effectifs de l’armée française fondre et revenir à ce qu’ils étaient avant la Révolution.

Le nombre de régiments est ramené à 90, les bataillons à trois par régiment et les compagnies à moins de 80 hommes en moyenne.

Restent les souvenirs et la gloire immortelle conquise à travers l’Europe durant près de 25 ans.

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